fbpx

La vidéo de l’interpellation collective de dizaines de lycéens à Mantes-la-Jolie provoque de vives réactions



La vidéo, qui montre des rangées d’élèves à genoux, mains sur la tête, sous la surveillance de policiers casqués, armés de matraques et de boucliers, « est forcément choquante », a reconnu le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer.

Ils sont plusieurs dizaines d’adolescents, alignés en rangs, genoux à terre, en silence, mains derrière la nuque ou le dos, tête baissée, leur sac à dos sur les épaules, encadrés par des policiers en tenue, debout, casqués, armés de matraques et de boucliers. « Voilà une classe qui se tient sage », peut-on entendre un homme commenter sur l’une des vidéos diffusées – et très relayées – sur les réseaux sociaux jeudi 6 décembre au soir.

La scène s’est déroulée à Mantes-la-Jolie (Yvelines) quelques heures plus tôt, à la mi-journée : 153 jeunes ont été interpellés « collectivement » par les forces de l’ordre à la suite de violences commises en marge de blocages aux lycées Saint-Exupéry et Jean-Rostand, deux établissements situés à 500 mètres l’un de l’autre au cœur d’une zone pavillonnaire, aux abords de la cité du Val-Fourré. « Ces images sont impressionnantes, mais aucun jeune n’a été blessé, ni maltraité, nous n’avons enregistré aucune plainte », tient à souligner le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot. « L’image est forcément choquante (…). Quand j’ai vu ces images moi-même, j’ai évidemment été choqué », a reconnu le ministre de l’éducation, interrogé par France inter, vendredi matin, tenant à rappeler le « contexte » de l’événement.

Cela faisait plusieurs jours que la tension montait à Mantes-la-Jolie. D’abord à proximité des deux établissements, mardi 4 décembre, où plusieurs poubelles ont été incendiées et des projectiles lancés sur les forces de l’ordre, qui ont riposté avec des grenades lacrymogènes. « Environ 200 jeunes vraiment chauds ont foncé sur les forces de l’ordre en leur jetant des pierres », témoigne un habitant. « Le préfet a demandé de ne pas utiliser de gaz lacrymogènes, mais la situation a commencé à dégénérer, ajoute Thierry Laurent, le directeur du cabinet du préfet, qui s’est rendu sur place. La police ne parvenait pas à repousser des jeunes qui n’étaient pas des lycéens. Là, deux ou trois grenades lacrymogènes ont été lancées et la dispersion a eu lieu. »

« Jets de pierres et de cailloux sur les policiers »

L’escalade de violence s’est poursuivie le lendemain. Le rassemblement de quelque 300 élèves devant le lycée Jean-Rostand a rapidement dégénéré avec des « feux de barricades » suivis par « des jets de pierres et de cailloux sur les policiers », raconte le même témoin. En parallèle, un petit groupe s’est introduit dans les habitations alentour pour y dérober une dizaine de bonbonnes de gaz, qui auraient été jetées dans un feu de poubelle. « Mais, heureusement, elles n’ont pas explosé », commente l’habitant, qui a vu les jeunes se diriger ensuite vers le Val-Fourré. « Nous avons alors donné la consigne de ne pas les poursuivre, souligne le directeur du cabinet du préfet. Nous sommes dans une logique de désescalade. »Mercredi, cinq jeunes gens ont été placés en garde à vue, selon le procureur de la République de Versailles, Vincent Lesclous.



LIRE LA SUITE 

La vidéo de l’interpellation collective de dizaines de lycéens à Mantes-la-Jolie provoque de vives réactions
Vote pour cette page

Partager c'est aimer!